Le 5 mai dernier, devant l’Assemblée de Corse, le Syvadec a opté pour la création d’unités de tri mécano biologique (TMB) pour traiter les déchets ménagers.
A condition d’être accompagnée d’un renforcement du tri à la source, notamment par une collecte séparative des déchets organiques, il s’agit d’une bonne solution car elle est sans danger pour la santé, adaptée aux pointes de production saisonnière liées au tourisme et présente un coût de traitement raisonnable.
Toutefois, une lecture attentive du rapport du Syvadec laisse apparaître une valorisation énergétique des Combustibles Solides de Récupération (CSR), estimés à 26 % des déchets admis dans les usines de tri. Constitués de bois, papiers cartons et plastiques ils seraient brûlés soit dans des installations fortement consommatrices en énergie (cimenteries, etc.) sur le continent ou en Sardaigne, soit localement dans des « sites de production d’électricité ».
Dans cette dernière option on les brûlerait pour faire de l’électricité, c’est-à-dire dans de vulgaires incinérateurs !
Brûler toutes sortes de matières plastiques, polystyrène, PVC, bois traités et autres matériaux complexes est particulièrement polluant et dangereux pour la santé. Le Syvadec propose donc, soit de polluer ailleurs, soit de polluer localement, mais avec l’alibi d’une production d’électricité au rendement dérisoire.
La rédaction du rapport a été modifiée dans certaines versions, depuis sa présentation à l’Assemblée de Corse ! (www.syvadec.fr). Le Syvadec parle toujours de valorisation énergétique mais précise qu’il n’envisage pas de réaliser d’installations en Corse, en complément des usines de tri mécano biologique. Les incinérateurs « en tenue camouflée » auraient-ils disparu ??? A suivre…
La vigilance s’impose, car le Syvadec n’a pas de pouvoir de décision. Le Plan des déchets adopté par l’Assemblée de Corse et validé par le Préfet en 2002 (Piedma) est toujours en vigueur tant qu’il n’est pas révisé.
De plus le projet de Padduc (Plan d’Aménagement et de Développement Durable de la Corse), s’appuyant sur ce Piedma et le gros incinérateur version Syvadec 2006, n’a pas fait l’objet du débat tant attendu. Il a été retiré par le Président de l’Assemblée de Corse, lors de la session extraordinaire qui lui était consacrée le 15 juin 2009. Les dossiers importants pour l’aménagement et le développement de la Corse sont donc en suspens jusqu’à l’échéance des élections territoriales de mars 2010. Pourtant il y a urgence, notamment pour la gestion des déchets. Il s’agit de notre santé, de notre environnement et de notre pouvoir d’achat !



