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Situation inquiétante pour les déchets en Corse

 

La fin programmée du site d’enfouissement de Tallone en mars 2010 et l’absence de site d’enfouissement pour Ajaccio font craindre une crise « à la napolitaine » après les élections territoriales, même si le Syvadec (Syndicat de communes pour le traitement des déchets) essaie de mettre en œuvre sur son territoire de compétence les orientations prises en mai 2009 (usines de tri-compostage et enfouissement des résidus inertés).

Cette crise risque d’être particulièrement aiguë : dès que l’on parle de déchets, personne ne veut d’installation à proximité, car les mauvaises pratiques et l’opacité des tractations ont sapé la confiance de la population.

Il est urgent de mettre en œuvre les meilleures solutions techniques et économiques, dans une réelle concertation et la plus grande transparence.

Dès l’été 2007 notre Collectif proposait un Plan alternatif : les solutions adoptées en 2009 par le Syvadec s’en approchent. Mais le Piedma (Plan régional des déchets) n’est toujours pas modifié : sa révision piétine (volontairement ?) ; il reste donc applicable en l’état, avec le traitement des déchets par incinération.

Que proposent aujourd’hui les candidats aux élections territoriales pour anticiper la crise ?

Que fera le Préfet, fondé à prendre des mesures autoritaires en cas de problème sanitaire, notamment à la fermeture des décharges de Tallone et St-Antoine ?

Que penser du projet du maire de Tallone de mettre en place une technique très coûteuse de chaulage des déchets à enfouir, faisant l’objet d’avis extrêmement réservés, qui risque de détourner une partie des financements des projets d‘usines de tri ?

Que penser des orientations du Syvadec, qui prévoit toujours d’extraire des usines de tri 26% de matières combustibles ?

Quel est l’impact du lobbying actif exercé par l’Association des Maires de France et par l’association Amorce, bien connues pour leurs positions pro-incinération ?

Que dire de l’idée surréaliste du Président de l’Office de l’environnement de construire des usines de gazéification (incinération en atmosphère contrôlée) ? Aucune n’existe en France pour les déchets ménagers et la seule usine au Canada est une usine pilote (celle d’Edmonton qui le séduit tant n’est pas encore construite… !).

Nos décideurs cherchent à gagner du temps, ou plutôt à en perdre encore, dans l’attente des élections territoriales. Beaucoup n’ont pas abandonné l’idée de brûler des déchets.

Pourtant, une façon efficace, simple et peu coûteuse consiste à trier les déchets organiques à la source dans nos cuisines, les ramasser séparément en ville et les traiter biologiquement par compostage individuel ou collectif : c’est le moyen de valoriser plus d’un tiers de nos déchets ! Ce mode de traitement est compatible avec le Piedma*, la loi « Grenelle » et les directives européennes. Il est particulièrement adapté à la Corse car il permet un traitement de proximité dans chaque bassin de population en réduisant les transports au coût exorbitant : c’est la voie pour sortir rapidement de la crise par le haut. Nous demandons aux citoyens de se mobiliser pour imposer ces solutions faciles à mettre en œuvre et qui préservent leur santé, leur environnement et leur porte-monnaie.

Le Réseau Compostplus, animé par des collectivités françaises, a mis en place ce mode de valorisation dans des villes de toute taille. Nos élus pourraient s’en inspirer et renoncer définitivement à singer les grandes métropoles japonaises ou canadiennes, ou à adopter, sans se soucier des conséquences sanitaires ou financières, les solutions les plus favorables aux intérêts des lobbies industriels et les plus défavorables à la Corse.

14/12/2009

 
 
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