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L’Assemblée de Corse écarte le projet d’incinérateur

Le 25 novembre 2010 restera une date importante pour le collectif contre l’incinération :

L’Assemblée de Corse a voté à l’unanimité une délibération actant l’abandon définitif de tout traitement thermique des déchets. Le projet d’incinérateur pour la Corse est bel et bien enterré.

Cette décision entérine les déclarations faites le 11 juin 2010 par Maria Guidicelli, Conseillère exécutive de l’Assemblée de Corse en charge du Piedma (Plan pour les déchets ménagers) et du Predis (Plan pour les déchets industriels).

Radio Alta Frequenza a réalisé l’interview de Maria Guidicelli : L’incinérateur banni !

Ecouter en ligne http://www.alta-frequenza.com/l_info/l_actu/l_incinerateur_c_est_fini_42127

Le quotidien Corse Matin a publié le 12 juin 2010 l’article ci-après :

http://www.corsematin.com/article/corse/ajaccio-lexecutif-ecarte-le-projet-dincinerateur-et-privilegie-lenfouissement

L’exécutif écarte le projet d’incinérateur et privilégie l’enfouissement

Maria Guidicelli et le responsable de l’office de l’environnement ont présenté les grands principes du Piedma « nouvelle formule » qui devrait être approuvé dans deux ans. Photo Michel Luccioni

Le Piedma et le Predis. Des sigles biscornus pour évoquer l’épineuse question du traitement des déchets ménagers et industriels. La conseillère exécutive Maria Guidicelli a décidé de prendre ce dossier à bras-le-corps, de décrypter la problématique et de fixer sa nouvelle méthodologie. « Il y a urgence », a indiqué, hier à l’assemblée de Corse, Maria Guidicelli.

Entourée du directeur et de trois techniciens de l’office de l’environnement, la représentante de l’exécutif a présenté sa feuille de route sur la révision des plans Piedma (déchets ménagers) et Predis (déchets dangereux). « La question est des plus complexes au regard des paramètres économiques, environnementaux, sanitaires et sociaux qu’elle induit », a-t-elle souligné. « C’est également un marché qui donne lieu à pas mal de convoitise », a insisté Maria Guidicelli.

L’unité de valorisation thermique bannie
Élaboré il y a 10 ans, ce plan est aujourd’hui inadapté. Les conseillers territoriaux en ont convenu en 2008. La révision de ce document, décidée par l’ancienne mandature entre, à présent, dans la phase active avec le nouvel exécutif qui fixe les grandes orientations du Piedma II.
Tout d’abord, Maria Guidicelli a indiqué clairement qu’elle écartait totalement le projet d’incinérateur ou de toute autre unité de valorisation thermique. « L’option incinération ne saurait, en quelque manière que ce soit, être prise en considération. Cela a déjà été acté par l’assemblée de Corse et ne peut demeurer un sujet de polémique latent. La CTC dispose d’un droit de veto financier, technique et politique permettant de tenir cette décision comme définitive. Aucun projet direct ou indirect entrant dans cette logique ne sera retenu », a tranché l’élue.

Trois grands principes
En ce qui concerne sa réflexion, elle s’articulera autour de trois grands principes, en tenant compte des recommandations du Grenelle de l’environnement : la réduction des déchets à la source ; le tri et la valorisation des matières, et enfin, l’enfouissement « qui apparaît sans doute comme le procédé le plus adapté ».

« En réduisant les déchets à la source et en nous fixant l’objectif de valoriser 50 % du tonnage, le traitement final pourrait être l’enfouissement des déchets ultimes sur des tonnages minimums. Sans entrer dans une localisation précise, il nous reviendra de déterminer le nombre d’unités permettant le traitement des flux prévisibles », a-t-elle indiqué, en insistant sur la promotion de l’éco-responsabilité et donc du changement des modes de production et de consommation. « Ce sont des opérations lourdes qui ne se feront pas du jour au lendemain », admet l’élue. Et d’ajouter : « Il est primordial de créer une véritable dynamique partenariale autour de cette démarche ». Maria Guidicelli l’a confirmé, « le chantier est immense, il est sans doute crucial et, si nous entendons privilégier la cohérence, l’efficacité avec le pragmatisme et l’acceptabilité sociale, il nous faut nous doter de moyens nécessaires et arrêter une véritable stratégie régionale ».

En ce qui concerne le timing, les réunions techniques s’enchaîneront jusqu’à la mi-juillet. Pendant qu’un état des lieux précis sera réalisé, les associations seront consultées. Dans la foulée, l’élue se rendra sur le terrain pour rencontrer les maîtres d’ouvrage. Les « certitudes vertes » de Maria Guidicelli seront présentées aux élus de l’assemblée de Corse probablement en septembre. Au final, la révision du Piedma et du Predis devrait durer deux bonnes années.

Et en attendant ? L’exécutif sera très attentif aux projets qui arriveront à l’assemblée de Corse, mais il affirme : « Nous ne pénaliserons pas les maîtres d’ouvrage qui déposeront des dossiers conformes à nos orientations ».

P. C.

Notes du Collectif :

Le Collectif contre l’incinération suivra avec intérêt les travaux de la commission de révision et continuera à exercer sa vigilance pour la réduction à la source, la mise en oeuvre de la valorisation matière des déchets et le traitement biologique de la partie fermentescible (déchets de cuisine et de jardin).

Il veillera à ce que le délai de deux ans annoncé pour les nouveaux plans soit respecté, voire écourté, car il y a urgence.

L’objectif de valorisation de 50 % est bien insuffisant. Il est indispensable d’avoir des objectifs plus ambitieux tendant à valoriser 70 % des déchets avant enfouissement des ultimes.

Il convient de relever que, dans son rapport d’activité de l’année 2009, le Syvadec (syndicat mixte pour le traitement des déchets, à vocation régionale) prévoit toujours (page 27) : "potentiellement valorisation énergétique d’une part des déchets triés".

Si le tri des déchets est poussé pour leur valorisation en tant que matières premières secondaires, il n’est pas justifié d’envisager de brûler, ici ou ailleurs, des CSR (combustibles solides de récupération), qui produiraient de toutes façons des polluants atmosphériques et solides (mâchefers), moyennant des coûts de traitement très élevés.

Consulter le rapport du Syvadec en ligne :
http://www.syvadec.fr/Bilan-2009_a188.html

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