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Accueil > Incinérateurs, TMB_incidents, dysfonctionnements > Isséane : ce qui se cache derrière la vitrine française de l’incinération

Isséane : ce qui se cache derrière la vitrine française de l’incinération

Des élus corses ont visité l’incinérateur baptisé "Isséane" à Issy les Moulineaux, en région parisienne. Ils semblent conquis par l’intérêt de ce type d’installation pour notre île.

Est-ce vraiment un modèle de traitement des déchets ?

Centre multi-filières

Issy dispose d’une usine d’incinération d’une capacité de 510 000 tonnes par an, et d’un centre de tri des déchets recyclables d’une capacité de… 23 000 tonnes par an. Le dimensionnement des installations est particulièrement déséquilibré en faveur de l’incinération.

Panache de fumée invisible !

A l’extérieur on ne voit pas de panache, en raison d’un traitement sec des émissions. Mais comme toute industrie de combustion, l’usine d’Issy-les-Moulineaux rejette des polluants à l’atmosphère. Ceux-ci sont certes normés et encadrés par un arrêté ministériel, mais même si la norme est respectée, cela ne signifie pas l’absence de polluants...
(voir rapport annuel de l’exploitant).

Économie circulaire ?

L’usine Isséane produit de l’énergie sous forme d’électricité et de chaleur et participerait à l’économie circulaire.
La vocation initiale est de traiter les déchets et non de produire de l’énergie. L’incinération détruit irrémédiablement des matières précieuses (matières organiques, déchets recyclables, etc.). La performance énergétique des usines, telle qu’elle est mesurée à l’heure actuelle, ne permet pas de rendre compte de “l’énergie grise” qui a été nécessaire pour la fabrication et les transports de ce qui est brûlé.
N.B. 126 usines d’incinérations traitent environ 14.5 millions de tonnes de déchets chaque année en France. Quels enjeux pour cette filière peu circulaire ?

Excellence française en matière de gestion des déchets ?

Le taux de recyclage moyen sur le territoire y gravite autour de 15%.
Selon les chiffres du Syctom, on retrouve au sein des ordures résiduelles incinérées près de 42% de déchets qui pourraient déjà être triés (75% si l’on inclut les déchets organiques, dont la collecte devrait être organisée)

Mise en service en 2007, Isséane apparaît avant tout comme le symbole d’une politique d’investissement massive et continue dans l’incinération (540 millions d’euros pour sa seule construction), et démontre avec éclat la concurrence permanente entre incinération et réduction des déchets.

Comme partout ailleurs, là ou fonctionnent des incinérateurs, les taux de tri à la source, de recyclage et de compostage ne peuvent progresser, car il faut assurer leur alimentation et leur rentabilité avec le maximum de tonnages de déchets mélangés.

Pour l’Ademe, la France n’a pas besoin de nouvelles capacités d’incinération :
https://www.zerowastefrance.org/ademe-france-besoin-capacites-incineration/

Lire l’intégralité du décryptage publié par Zero Waste France :

Voir en ligne : https://www.zerowastefrance.org/iss...

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