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Alternatives à l’incinération

5 janvier 2008, 14:55, par L’équipe de coordination

Comment passer de l’enfouissement de 95 % environ des déchets à une solution sans incinération, limitant l’impact environnemental ? Y a-t-il une solution miracle ? S’opposer à l’incinération c’est aussi s’opposer à la centralisation du traitement, source de nuisances et de coûts de transport considérables, surtout dans une île montagneuse.

Le plan alternatif, élaboré par des bénévoles, indépendants des multinationales des déchets, préconise le réel développement du tri, du recyclage et du compostage individuel. En attendant que les élus locaux s’engagent dans une politique de tri à la source efficace, que la sensibilisation des citoyens porte ses fruits et que les industriels (sous la nécessaire impulsion du pouvoir législatif) passent à l’éco-conception des produits manufacturés, on ne peut continuer avec les décharges et brûlages sauvages.

Les usines de tri compostage, à proximité des plus gros gisements, lorsqu’elles sont bien conçues, (avec les dernières évolutions comme en Autriche, Allemagne, Espagne, Italie) permettent d’extraire des matériaux recyclables d’une part et de séparer la partie fermentescible responsable des odeurs, biogaz et lixiviats d’autre part. Par ailleurs la collecte séparative des déchets dangereux (piles, déchets électroniques, peintures, solvants, etc..) permet d’éviter une grande partie des sources d’éléments toxiques dans les composts produits Si des lots de compost ne sont pas satisfaisants, une fois stabilisés, leur stockage présente moins de risques que celui les mâchefers d’incinération (30 % des quantités brûlées). Les usines de TMB ne sont pas tenues à un fonctionnement en continu 24 h/24 comme les incinérateurs et s’adaptent aux pointes saisonnières. A condition de ne pas y ajouter un incinérateur, mais plutôt des méthaniseurs, le plan alternatif n’est pas l’idéal mais il permet d’éviter le pire : une usine d’incinération dangereuse pour des décennies et de plus en plus coûteuse. L’intérêt de cette technique est d’être évolutive : rien n’empêche de faire le tri des matières organiques à la source avant le passage dans les installations de compostage et c’est évidemment dans cette direction qu’il faut faire évoluer la collecte et le traitement. Nos propositions sont versées au débat. Souhaitons que nos décideurs sachent garder à l’esprit la préservation de la santé, de l’environnement exceptionnel et des finances des habitants de la Corse.